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Histoire de Pignerolle : tour d'horizon

 

De la création de l'Académie royale d'équitation, en passant par les turpitudes de la Révolution française, la Restauration, la Seconde Guerre Mondiale, la guerre froide, le domaine de Pignerolle à toujours été étroitement associé à l’histoire angevine et même européenne. Il est aujourd'hui un des lieux de promenade préférés des angevins. Voici son histoire.

PIGNEROLLE - TROIS SIECLES D'HISTOIRE

 

  par Jean Belleil

 

 

 

Pignerolle avant la Révolution française

Le château

De la Révolution à la Seconde Guerre mondiale

La Pologne à Saint-Barthélemy d'Anjou

Pignerolle et les Allemands

Constructions allemandes à Pignerolle

L'après-guerre

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PIGNEROLLE AVANT LA REVOLUTION FRANÇAISE

Avant la Révolution

LES ORIGINES DE LA PROPRIETE

C’est en 1655 qu’Antoine Avril épouse Renée Éveillard, fille de François Éveillard, maire d’Angers de 1641 à 1643 et devient ainsi propriétaire par mariage des cent cinquante hectares de la terre de Pignerolle.

Blason de la famille Avril de Pignerolle

"D'argent au chevron de gueules chargé de cinq besants d'or, et accompagné de trois roses du second."

Blason de la famille Avril de Pignerolle, tiré de l'Armorial Général de Johannes Baptista Rietstap, édité par Van Goor Zonen, Gouda (1884-87).

L'ACADEMIE ROYALE D'EQUITATION D'ANGERS

En 1680, son fils François, époux de Renée du Tremblier, est appelé par le gouverneur d’Anjou et devient directeur de l’Académie d’équitation d’Angers. Il se fait alors appeler Avril de Pignerolle.

A l’époque, l’académie est l’une des plus renommées d’Europe. Elle est fréquentée par des gentilshommes de tout le continent. On y rencontrera des élèves comme Buffon, le duc de Wellington, William Pitt, futur premier ministre britannique, des Russes, des Danois qui font régulièrement avec leurs écuyers des sorties dans les bois de Pignerolle.

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Wellington first encounter with the French, oeuvre du peintre irlandais George W. Joy,

exécutée en 1889 et présentée la même année à la Royal Academy.

Arthur Wesley  , futur duc de Wellington, né en 1769 arrive à Angers en 1786 :

"Pendant ses années de formation, il est influencé par des gentilhommes comme Monsieur de Pignerolle, des Royalistes faisant fière allégeance à une monarchie absolue dont les jours étaient comptés. Arthur est souvent reçu, ainsi que ses amis Walsh et Wingbield - on les appelait "le groupe des Lords" - dans les familles nobles de la région angevine. Le duc de Praslin, le duc de Brissac les invitent à dîner et à chasser. À Angers et dans les bois de Pignerolle, Arthur devient un bon cavalier ; il maîtrise la langue française, car l'Académie est une sorte de prytanée, où l'on pratique le maniement des armes, la danse, où l'on étudie aussi les mathématiques et les langues. De cette formation, le duc de Wellington garde reconnaissance : à des officier anglais flagorneurs qui osaient se targuer de leur supériorité le sabre à la main sur nos cavaliers, il rétorqua sèchement : "Non messieurs, la première cavalerie du monde est la cavalerie française". Et c'était dit après Waterloo..."

   C'est Richard, le frère aîné d'Arthur, ami de William Pitt et gouverneur général du Bengale, qui change Wesley jugé trop court en Wellesley.

 

Texte tiré de l'ouvrage

de Richard Holmes,

"Wellington, the Iron Duke"

 (Harper Collins Publishers, 2003).

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À propos de l'œuvre : Armé d'une lettre d'introduction de sa mère, la comtesse de Mornington, (...) le jeune Arthur Wellesley fait sa première apparition à la vieille Académie Militaire de Pignerolle à Angers. Le vieil homme, typique d'un Français de l'Ancien Régime au tempérament fin, en uniforme et guêtres blanches, lettre à la main, scrute son nouvel élève d'un regard curieux mais non réprobateur. Il ne semble pas non plus avoir la même méfiance à l'égard de la « perfide Albion » que certains petits fretins, évidemment résolus à « prendre de l'avance » sur le jeune Anglais dès que le dos de leur maître sera tourné. En arrière-plan, des cartes d'Angleterre, de France et de Corse, tandis que des épées croisées indiquent la lutte à venir. Cette même année, Napoléon entra à Saint-Cyr. Les garçons de Harrow reconnaîtront peut-être cette pièce comme leur ancienne salle de quatrième. Il ne fut adopté comme décor que lorsque je m'étais assuré auprès du Maire d'Angers que l'école de Pignerolle avait été transformée en caserne.

Texte tiré de l'ouvrage "The work of George W. Joy", édité en 1904 par Cassell and Company Ltd.

Trois élèves illustres de l'Académie Royale d'équitation d'Angers, aux 16 et 17ème siècles :

Johan de Witt en Grand Pensionnaire

Johan de Witt (1625-1672)

Grand Pensionnaire de la République

des Provinces-Unies

William Pitt, later First Earl of Chatham

William Pitt l'Ancien (1708–1778)

Premier ministre de Grande-Bretagne

Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon

Georges-Louis Leclerc de Buffon (1707–1788)

Naturaliste au jardin du Roi

Portrait de Johan de Witt en Grand Pensionnaire.

Huile sur toile de Jan de Baen exposée au 

Rijksmuseum Amsterdam

Portrait de William Pitt l'Ancien, 1er comte de Chatham.

Huile sur toile de William Hoare exposée au 

North Carolina Museum of Art

Portrait de Georges-Louis Leclerc,

comte de Buffon.

Huile sur toile de François-Hubert Drouais exposée au Musée & Parc de Buffon.

L'Académie Royale d'équitation est logée dans l'un des plus beaux bâtiments d’Angers qui, après la Révolution française, deviendra une caserne d’infanterie jusqu'en 1905. Les blouses et les culottes courtes remplacent les uniformes : l'école primaire supérieure de garçons s'y installe à son tour. La loi Guizot de 1833 ordonne aux villes de plus de 5 000 habitants de créer cette catégorie d'établissement scolaire. Jean-Joseph Chevrollier, directeur en 1844 d'une école privée, est chargé d'administrer l'école primaire supérieure ; les deux établissements fusionnent un an plus tard puis, faute de place, déménagent place de l'Académie.

L'Académie sera endommagée pendant la Seconde Guerre mondiale, lors du bombardement des 28 et 29 mai 1944. Décision est prise de raser le monument pluri-centenaire, au profit d'un bâtiment moderne dessiné en 1957 par l'architecte André Mornet et destiné à accueillir une caserne de sapeurs-pompiers.

Ecole Primaire Supérieure Chevrollier, Académie Royale d'équitation d'Angers

Deux cartes postales illustrant le bâtiment de l'Académie Royale d'équitation, reconvertie en Ecole primaire supérieure de garçons en 1905.

Haut : collection privée | Bas : collection Archives Patrimoniales de la Ville d'Angers

Ecole primaire Supérieure Chevrollier, Académie Royale d'équitation d'Angers

De l’ancienne Académie d’équitation ne restent que les grilles et les pavillons de l’entrée :

LA FAMILLE AVRIL DE PIGNEROLLE

La famille Avril de Pignerolle, peinture de Jéo Joy, 1786

À la suite de François Avril et jusqu’à la Révolution, se succèdent quatre générations d’Avril de Pignerolle à la tête de l’Académie Royale d’équitation et propriétaires des bois de Pignerolle.

 

Le dernier sera Marcel, qui fera construire le château en 1776, une "folie" selon l’appellation de l’époque.

(de g. à dr.) Arsène, frère de Marcel Avril, en habit de l'Académie, sa femme et sa nièce, les deux soeurs de Rosalie et leur père Marcel Avril de Pignerolle.

Tableau de Jéo Joy (1786).

Collection famille de Saint-Albin.

Malheureusement, quelques années après viendra le déclin. Les élèves se détournent de l'Académie Royale d'équitation et la ville d’Angers répugne à engager des frais pour entretenir des bâtiments qui se dégradent. Arrive la Révolution française : l’Académie est fermée en 1792, Marcel Avril est arrêté en 1793 et conduit aux arènes de Doué où il meurt d’épuisement.

Arbre généalogique simplifiée de la famille Avril de Pignerolle (via Geneanet) :

o François 1655-1702 & 1679 Catherine Renée du TREMBLIER

Comme beaucoup d'aristocrates après 1789, le frère de Marcel Avril, Arsène, a émigré en Angleterre en octobre 1791. Un groupe de britanniques, anciens élèves de l'Académie d'Angers, voulurent par une souscription procurer à leur directeur d'alors le moyen d'une existence honorable.

Château des Arcis, Meslay-du-Maine

Élève à Angers en 1776, Mr. Smith, de Winchester, se chargea de rassembler les signatures. Le zèle qu'il y mit fut couronné de succès. Arsène revint d'exil en 1802. Il rejoindra son épouse Anne-Rosalie au château des Arcis au Meslay-du-Maine, où il mourut le 27 avril 1815.

Témoin des tourments de la Révolution française et de la Terreur, Anne-Rosalie Avril de Pignerolle, fille de Marcel, entretient une correspondance épistolaire avec son mari (mais aussi son oncle) Arsène Avril, du 7 novembre 1791 au 16 mai 1793.

Découvrez-la dans l'édition de "L'Anjou Historique" n° 140

d'octobre 1925 :

Château des Arcis.

Un artiste dans la famille : Charles-Marcel Avril de Pignerolle

La famille Avril de Pignerolle a aussi compté un artiste-peintre : Charles-Marcel Avril de Pignerolle.

Fils de Charles Avril, Charles-Marcel est né le 21 décembre 1813. Par décret du 10 décembre 1849, il est élevé à la distinction de chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur. Sa fiche le présente en qualité de Garde national de la 1ère Légion.

Il épouse Alice Lambot de Fougères le 29 mai 1850. L'essentiel de sa production artistique est composée d'estampes (gravées par Paul Allais) et d'huiles sur toiles, parmi lesquelles :

  • Portrait de Arsène-Marie de Pignerolle (huile sur toile), 1832

  • Une gondole vénitienne   (huile sur toile), 1850, commande de l'État, présentée au salon de 1850-51 (Palais Royal)

  • Paul Véronèse à Venise (estampe), 1853

  • Raphaël faisant le portrait de la princesse d'Aragon (estampe), 1858, présentée au salon de 1859 (Palais des Champs-Elysées)

  • Socrate instruisant Alcibiade (estampe), 1866

  • Le retour du chasseur (huile sur toile), non datée (vendue aux enchères en 2001, 2002 et 2007)

  • Le marchand de tissu et les couturières (peinture sur bois), non daté

Plusieurs œuvres, dont la trace a disparu, ont été présentées aux salons de 1847 à 1865, dont :

  • Une mariée d'Alvito (pays de Naples) - Rutta la Floraia (campagne de Rome), 1847 ; Petites mendiantes de l'île de Capri (étude) - Pèlerinage à Lorette, 1848 ; Jeune pâtre de la campagne de Rome - Brune et blonde, souvenir d'Alvito (pays de Naples), 1849 ; Portrait d'enfant, 1853 ; Scène d'inondation dans la campagne de Rome, 1855 (Exposition universelle) ; Le printemps - Le portrait de Mme la marquise de Saint-G... - Le ghetto à Rome, 1859 ; Les vendanges à Naples, 1861 ; Souvenir de Castellamare (Italie méridionale) - Portrait de Mlle de P..., 1863 ; Souvenir de Naples (tête d'étude), 1865.

Charles-Marcel Avril de Pignerolle obtient des médailles d'Or de deuxième classe au salon de 1848 (musée du Louvre) et et au salon de l'Exposition universelle de 1855 (Palais des Champs-Elysées), ainsi qu'une médaille d'Or au salon de Paris de 1860 (hors concours). L'auteur Edmond de Lastic lui consacre en 1925 une monographie de 32 pages intitulée "Charles-Marcel-Avril de Pignerolle, peintre".  Charles-Marcel de Pignerolle est décédé à 73 ans au château des Arcis, le 31 mai 1887.

Découvrez quelques-unes de ses œuvres :

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Le château

LE CHATEAU

AOÛT - SEPTEMBRE 1944, LES AMÉRICAINS AU NORD DE LA LOIRE - TOME I

Cet article est un extrait du livre "Août-Septembre 1944, les Américains au nord de la Loire - Tome 1", reproduit avec l'aimable autorisation de son auteur.

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