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Rösing vu par Herbert Werner

Dernière mise à jour : 22 févr.

Le sous-marinier allemand Herbert Werner est l'auteur d'un ouvrage faisant autorité en Allemagne sur le thème de la guerre sous-marine : "Les cercueils d'acier" *. Il brosse un portrait peu élogieux de Hans-Rudolf Rösing, commandant de la base de Pignerolle (FdU West).



Hans-Rudolf Rösing, Pignerolle, Fdu West, Association des Amis de Pignerolle
Rösing à Pignerolle (Collection Coifard)

"Le chef de la troisième flottille me souhaita un bon voyage et m’annonça alors que le capitaine Rösing (FdU West) m’avait convoqué dans sa villa. Je me demandais alors ce que Rösing aurait à me dire de si important. Sa fonction véritable ne m’avait jamais été bien claire, car l’engagement tactique des bâtiments était dirigé par Dönitz lui-même. Je sautais dans la voiture qui attendait et fonçais à travers la ville en ébullition avec le chef de flottille et deux marins lourdement armés. Quelques minutes plus tard nous fîmes halte devant une luxueuse villa. Partout il y avait des signes d’un départ précipité – d’une fuite. Rösing était en train d’échapper par avion à l’encerclement de la ville (La

Pallice). Des soldats de marine faisaient brûler sur le gazon des montagnes de documents, d’autres chargeaient des machines de bureau et des classeurs dans des camions. On me conduisit dans l’élégant bureau du FdU.


Le capitaine, en pantalon de flanelle immaculée, rangeait ses balles de tennis et ses raquettes dans une valise et prit la parole de sa manière hachée : « Eu le temps de feuilleter votre journal de bord. Je vois, vous manœuvrez bien dans les eaux côtières. Est-ce votre spécialité ? Il me semble aussi que vous forcez les blocus sans difficultés. »


« Capitaine, ça dépend de quel point de vue on se place » Répondis-je, légèrement agacé. C’est avec un certain malaise que je me rappelais sa dernière conférence avec nos candidats anti-invasion promis à la mort. Car c’était lui qui nous avait donné, à nous commandants, l’ordre de foncer sur l’ennemi. Le compliment n’avait pas non plus de grande signification. Il venait d’un homme qui visiblement avait depuis longtemps oublié son temps de sous-marinier."


* D'après recherches et traduction de Jean Belleil, ancien professeur d'allemand et secrétaire de l'association des Amis de Pignerolle.


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